Les fameux Ballets russes de Serge Daghilev, qui avaient dès 1909 rencontré un immense succès au Théâtre du Châtelet à Paris, seront remis au goût du jour par diverses manifestations à l’occasion de l’année France-Russie 2010. La Bibliothèque-musée de l’Opéra à Paris exposera notamment une centaine d’œuvres de la collection nationale qui leur est consacrée.
Mais la plus vivante expression de l’admiration que Russes et Français portent justement à l’œuvre de Darghilev est sans doute la tournée que débutera/entamera dès janvier l’opéra national de Perm et ses danseurs renommés dans 12 villes de France. Portée par des artistes talentueux comme Bakst ou Goncharova et conduite par de prodigieux danseurs qui, de Nijinsky à Balanchine, ont scellé une rupture dans l’histoire des ballets, la troupe de Daghilev avait osé manifester dans ses représentations une vitalité insoupçonnée, à la différence de la danse française et Européenne de ce début de siècle. Leur brillante scénographie était l’expression d’une féerie orientale qui sut conquérir et enchanter les publics Français, Européens et même Américains jusqu’à la dissolution de la troupe avec la disparition de son fondateur en 1929. Ces spectacles furent par ailleurs un tremplin pour la carrière et la renommée de compositeurs aujourd’hui reconnus, parmi lesquels Stravinski, Prokofiev et même Debussy. Ainsi ce goût des chorégraphies enlevées et des tournoiements aériens qui avait fait le succès de ces ballets ne se dissipa pas avec la troupe, mais au contraire renouvela l’art de la danse.
Cet hommage rendu aujourd’hui dans toute la France n’est donc que la juste rétribution de la modernité aux inspirateurs de la danse telle qu’on la connaît aujourd’hui, et au service de laquelle les danseurs du Bolchoï offriront au public français leurs plus belles performances.
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